Vivre des moments magiques - Mary Kildare
Mary Kildare

Bonjour, je suis Mary. J’ai passé la grande majeure partie de ma vie dans les hôpitaux. Aujourd’hui, je profite d’une pré-retraite. De par la nature de mon travail qui était très prenant 10 mois par année, je n’avais pas vraiment l’occasion de passer beaucoup de temps sur un ordinateur. Bien entendu, je veux dire du temps pour moi seule. Donc aujourd’hui, je vais reprendre le temps perdu et vous parler un peu de moi, de ma vie et de mes rêves. Je vous souhaite de bonnes lectures en ma compagnie !

Vivre des moments magiques

Vivre des moments magiques - Mary Kildare

Chez Sophie, j’étais tombé en amour avec ce magnifique tableau qu’elle avait eu dans une galerie d’art à Toronto. J’étais envoûtée par la beauté des volutes colorées qui s’échappaient d’un vase en jade. Les fumées étaient en forme de dragons. Ils dansaient ou ils se battaient, je n’aurais su le dire. Un papier peint décrépi, aux motifs si usés que seules quelques traces dorées subsistaient, pendait par endroits. Le mur figuré derrière était en briques d’un rouge carmin. Entre chaque détail de cette scène, un fil conducteur se tramait et l’artiste avait choisi pour le figurer des couleurs proches les unes des autres. Cette atmosphère poussait celui qui la contemplait à chercher des détails. C’était une magnifique œuvre, mais dont je ne connaissais pas l’auteur. J’ai vu que la signature, en bas à droite, était constituée de deux lettres entrelacées, un T et un M.

J’étais submergée par des émotions liées à ce tableau. Je fis part de ma réaction à mon amie. Elle avait eu le même ressenti. Elle savait que le peintre avait emménagé dans une petite maison, où il avait son atelier. Elle avait eu la possibilité de le rencontrer chez lui, mais elle n’avait pas pu se déplacer ce jour-là. Par contre, l’invitation, elle, tenait encore. La compagne de l’artiste était une amie très proche de Sophie. Passer la voir, même pour prendre un café, était une excellente idée. Je rêvais de voir d’autres toiles du peintre. J’ai reporté la livraison de mon support pour construction de terrasse, et je nous ai conduites chez Tom et Janette. La charmante maisonnette était entourée de deux lilas odorants, un blanc et un violet très foncé. Une pièce d’eau était l’attrait principal du minuscule jardin.

Faite dans un simple baquet en zinc, elle était l’aboutissement d’un système compliqué de bambous coupés, où l’eau se déversait en une cascade musicale, rythmée par les tiges qui s’entrechoquaient. Tout était de petite taille, car l’espace réduit ne permettait pas d’avoir plus de matériel. L’impression de rentrer dans une autre dimension, d’être dans un lieu proche du pays des rêves, était si agréable que je suis restée une minute à contempler le spectacle de la cascade, sans que je prononce un seul mot. J’étais si bien dans cet instant magique que j’en ai gardé beaucoup de nostalgie. La sensation d’avoir touché la sérénité du bout de mon esprit, quelques instants, ne m’a pas quittée tout au long de cette visite.